Il ne s’agit plus de simples “incidents informatiques”
Ce qui se passe avec les fichiers des chasseurs français aujourd’hui, après ceux des tireurs sportifs hier, est un scandale d’État à répétition.
Un million, puis un million quatre cent mille. Des noms, des adresses, des habitudes, des identités complètes. Et à chaque fois, la même rengaine : “pas de données bancaires”, “pas de panique”, “une enquête est en cours”. Une communication anesthésiante, alors que les conséquences, elles, sont bien réelles.
Car derrière ces fuites, il n’y a pas des lignes de code abstraites. Il y a des personnes identifiables, parfois ciblées, parfois cambriolées, parfois menacées. Des citoyens parfaitement légaux, fichés, enregistrés, contrôlés — puis abandonnés au moment précis où l’État et les organisations censées les protéger faillent.
Le plus grave n’est même pas le piratage en lui-même. Le cybercrime existe, évolue, frappe partout. Le plus grave, c’est l’impréparation chronique, la centralisation aveugle de données sensibles, et l’absence totale de remise en question après chaque catastrophe. On empile les fichiers, on multiplie les accès, on sous-traite la sécurité… et on feint la surprise quand tout explose.
Pire encore : après la fuite des données des tireurs sportifs, des vols d’armes ont été commis. Ce n’était donc pas un risque hypothétique, mais un précédent documenté. Malgré cela, rien n’a été corrigé à la hauteur de l’enjeu. Résultat : même scénario, mêmes victimes potentielles, même silence gêné.
À force de traiter la cybersécurité comme une ligne budgétaire secondaire et la protection des données comme une formalité administrative, on fabrique des listes de cibles clés en main pour les criminels. Ce n’est plus de l’incompétence, c’est de la négligence systémique.
Il est temps de le dire clairement :
👉 Centraliser des données ultra-sensibles sans sécurité de niveau critique est une faute.
👉 Minimiser les fuites est une faute.
👉 Ne pas repenser en profondeur ces systèmes après des alertes aussi graves est une faute politique.
La question n’est plus “qui a piraté ?”
La vraie question est : combien de fois faudra-t-il exposer les citoyens avant que quelqu’un assume enfin ses responsabilités ?
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