300 000 Licenciés, et maintenant parlons de la facture !


Trois cent mille

Le chiffre est historique. Pour la première fois de son histoire, la Fédération Française de Tir franchit le cap symbolique des 300 000 licenciés. Une formidable réussite dont chacun peut se réjouir.

Cette progression n'est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat du travail quotidien de milliers de bénévoles qui, dans les clubs, accueillent les nouveaux pratiquants, entretiennent les installations, organisent les compétitions, forment les jeunes et donnent de leur temps sans compter.

Cette réussite est avant tout celle des clubs.

Depuis son élection, Hugues Senger affiche une ambition forte : faire de la FFTir une fédération d'un million de licenciés. L'objectif est séduisant. Qui ne souhaiterait pas voir le tir sportif devenir l'une des grandes disciplines françaises ?

Mais une question mérite d'être posée.

Comment espérer séduire toujours davantage de pratiquants lorsque, chaque saison ou presque, le coût de la pratique augmente ?


 

Aujourd'hui, la FFTir figure parmi les fédérations les plus coûteuses de France en matière de part fédérale. Peu de fédérations sportives demandent une contribution nationale aussi élevée à leurs adhérents.

Et cette part fédérale n'est que le début de la facture.

S'y ajoutent la cotisation de la ligue régionale, celle du comité départemental, puis celle du club. Pour beaucoup de licenciés, notamment les familles ou les jeunes adultes, l'addition devient conséquente.

Exemple : 69 € pour la Fédération, 3 euros pour le comité et 28 euros pour la ligue (Lyonnais)

Il ne faudra pas oublier d'ajouter la part de l'adhésion au club qui peut aller de quelques dizaines d'euros supplémentaires  à une centaine d'euro.

Ainsi il pourra vous en couter suivant les clubs de 120 €  par exemple pour le minima de ce que j'ai pu relever à 230, 250, et parfois beaucoup plus.

Mais ce n'est pas tout.

Au fil des années, les outils numériques sont devenus indispensables à la vie des clubs. ITAC est aujourd'hui incontournable pour assurer le suivi administratif des licenciés. Les inscriptions en compétition passent elles aussi par des plateformes spécifiques.

Le problème n'est évidemment pas l'informatique. Personne ne souhaite revenir aux feuilles papier et aux tableaux Excel.

 

Le Certificat de compétences (C A C )  ouverte à tous les détenteurs de la licence  FFTir, est

facturée 40 € encore à la charge des clubs

 

 


La vraie question est ailleurs.

Pourquoi ces outils, devenus indispensables au fonctionnement normal des clubs, donnent-ils lieu à des coûts supplémentaires ?

Les clubs financent déjà la licence fédérale. Ils financent les installations, les cibleries, les consommables, les formations, les compétitions, les déplacements, les jeunes, les écoles de tir…

À quel moment considère-t-on que le service rendu aux clubs fait partie de la mission normale d'une fédération ?

Car ce sont bien les clubs qui produisent les 300 000 licenciés.

Chaque nouveau tireur représente une licence supplémentaire. Chaque licence représente une recette supplémentaire.

La progression spectaculaire des effectifs signifie donc également une progression des ressources de la Fédération.

Dès lors, une interrogation semble parfaitement légitime.

Les économies d'échelle existent-elles réellement ?

Car lorsqu'une fédération passe de 200 000 à 300 000 licenciés, ses recettes augmentent considérablement. Toutes ses dépenses, en revanche, n'augmentent pas dans les mêmes proportions. Les coûts fixes restent en grande partie identiques et certaines charges se répartissent sur un nombre toujours plus important d'adhérents.

 


On pourrait donc imaginer qu'une partie de cette croissance profite aussi aux licenciés.

Pourquoi ne pas stabiliser les cotisations pendant quelques années ?

Pourquoi ne pas intégrer certains services numériques dans la licence plutôt que de les facturer séparément ?

Pourquoi ne pas alléger progressivement les contributions demandées aux clubs qui, au quotidien, assurent le développement de notre sport ?

Car l'ambition d'atteindre un million de licenciés ne pourra pas reposer uniquement sur la bonne volonté des bénévoles.

Elle passera aussi par un signal fort envoyé aux pratiquants.

Celui d'une fédération qui accompagne sa croissance en maîtrisant ses coûts.

Une fédération qui considère que chaque nouvel adhérent n'est pas seulement une recette supplémentaire, mais aussi une raison de rendre le tir sportif plus accessible.

Les 300 000 licenciés constituent une réussite exceptionnelle.

Ils devraient également marquer le début d'une nouvelle réflexion.

Après des années d'augmentation continue des cotisations fédérales, des parts des ligues, des contributions départementales et des services facturés aux clubs, n'est-il pas temps de dire simplement :

« Nous avons grandi. Nous avons consolidé nos finances. Désormais, faisons bénéficier les licenciés et les clubs des fruits de cette réussite collective. »

Ce serait probablement le plus beau message que la Fédération pourrait adresser à ceux qui font vivre le tir sportif, chaque semaine, dans les 1 600 clubs de France.

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